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Cancers cutanés sous inhibiteurs de JAK : analyse des données de la base mondiale de pharmacovigilance - 20/11/21

Doi : 10.1016/j.fander.2021.09.458 
Cedric Jalles 1, Marion Lepelley 2, Stephane Mouret 1, Marie Therese Leccia 1, Sabiha Trabelsi 1, , Julie Charles 1
1 Dermatologie 
2 Pharmacovigilance, CHU de Grenoble, Grenoble, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Les inhibiteurs de Janus Kinase (anti-JAK) sont des thérapies ciblées avec une action potentielle anti-inflammatoire et immunomodulatrice. Des cancers cutanés ont été rapportés chez des patients traités par anti-JAK, bien que les essais cliniques n’aient pas confirmé ce risque. Ces études ont cependant été réalisées sur une population sélectionnée et avec un suivi limité dans le temps. L’objectif de notre travail a été d’évaluer, à partir de la base mondiale de pharmacovigilance, l’existence d’un signal de disproportionnalité entre cancers cutanés et anti-JAK à même d’étayer un risque éventuel de carcinogenèse.

Matériel et méthodes

Nous avons conduit une analyse de type cas/non cas à partir de la base mondiale de pharmacovigilance en utilisant la méthode de l’information component (IC) pour rechercher un signal de disproportionnalité entre cancers cutanés et les 3 anti-JAK disponibles sur le marché: ruxolitinib, tofacitinib et baricitinib. Un seuil d’information component 025 (IC025)>0 a été retenu comme critère significatif. Ce seuil correspond à la borne inférieure de l’intervalle de confiance à 95 % de l’information component.

Résultats

Notre requête a permis d’extraire entre 1978 et le 31 décembre 2019 38 855 cas de cancers cutanés dont 870 cas associés à l’un des 3 anti-JAK étudiés. Un signal de disproportionnalité significatif a été retrouvé avec le ruxolitinib, le tofacitinib pour le carcinome épidermoïde et le mélanome. En ce qui concerne le carcinome de Merkel, un signal de disproportionnalité significatif a été détecté pour les 3 anti-JAK étudiés.

Discussion

Notre étude a mis en évidence la présence d’un signal de disproportionnalité significatif entre le ruxolitinib, le tofacitinib et les catégories carcinomes épidermoïdes, carcinomes de Merkel et mélanomes. Le baricitinib présentait un signal de disproportionnalité significatif uniquement pour le carcinome de Merkel, mais cette molécule encore très récente ne comportait que peu de notifications de cas de cancers cutanés au moment de notre analyse. Nos données doivent cependant être interprétées avec prudence du fait d’un risque de biais de confusion lié à l’administration préalable de pourvoyeurs potentiels de cancers cutanés (hydroxyurée) et au terrain de certains patients (myélodysplasie). De plus, bien que la pharmacovigilance soit un outil très utile pour détecter des effets secondaires rares ou retardés après commercialisation, certaines de ses limites intrinsèques doivent être connues (faible valeur prédictive positive notamment). Nous attirons l’attention sur la proportion importante de carcinome de Merkel survenu sous anti-JAK malgré la rareté de cette tumeur : ces molécules pourraient favoriser son développement en réduisant l’immunovigilance antitumorale et en diminuant la réponse anti-virale. Nos résultats devront être confirmés par de plus amples études de pharmacoépidémiologie.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Carcinome de Merkel, Inhibiteur de JAK, Pharmacovigilance


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Vol 1 - N° 8S1

P. A66-A67 - décembre 2021 Retour au numéro
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